Souscrire un prêt immobilier implique presque toujours de prendre une assurance emprunteur. Mais que se passe-t-il si vous êtes en arrêt maladie au moment de la souscription ? Est-ce un frein ? Une exclusion ? Peut-on quand même s’assurer ?
Sachez que mĂŞme en arrĂŞt maladie, vous pouvez souscrire une assurance emprunteur. Cependant certaines conditions et restrictions peuvent s’appliquer.
Dans cet article, nous répondons à toutes vos questions pour vous aider à mieux comprendre vos droits et vos possibilités.
L’assurance emprunteur : un prĂ©requis pour le prĂŞt immobilier
Rappel des garanties généralement exigées : décès, PTIA, ITT, IPT, IPP
L’assurance prĂŞt immobilier comporte plusieurs garanties essentielles :
- La garantie dĂ©cès : elle prend en charge le remboursement du capital restant dĂ» en cas de dĂ©cès de l’assurĂ©.
- La garantie Perte Totale et IrrĂ©versible d’Autonomie (PTIA) : elle intervient lorsque l’assurĂ© se trouve dans l’impossibilitĂ© dĂ©finitive de se livrer Ă une activitĂ© professionnelle et nĂ©cessite l’assistance d’une tierce personne pour effectuer les actes ordinaires de la vie.
- L’IncapacitĂ© Temporaire Totale (ITT) : elle couvre l’impossibilitĂ© temporaire d’exercer son activitĂ© professionnelle suite Ă une maladie ou un accident.
- L’InvaliditĂ© Permanente Totale (IPT) : elle s’applique lorsque l’assurĂ© est dĂ©finitivement incapable d’exercer toute activitĂ© professionnelle.
- L’InvaliditĂ© Permanente Partielle (IPP) : elle concerne les personnes dont le taux d’invaliditĂ© est compris entre 33% et 66% selon les contrats.
Ces garanties peuvent varier d’un contrat Ă l’autre, et certaines peuvent ĂŞtre optionnelles selon les offres des assureurs.
Importance de l’assurance pour sĂ©curiser le prĂŞt pour l’emprunteur et le prĂŞteur
L’assurance emprunteur joue un rĂ´le de protection double :
- Pour l’emprunteur, elle offre la sĂ©curitĂ© de ne pas avoir Ă faire face au remboursement du prĂŞt si un Ă©vĂ©nement grave survient (maladie, accident, dĂ©cès). Par exemple, si vous devenez invalide suite Ă un accident et ne pouvez plus travailler, l’assurance prend en charge les mensualitĂ©s de votre prĂŞt immobilier.
- Pour le prĂŞteur (la banque), elle reprĂ©sente une garantie de remboursement du capital prĂŞtĂ©, mĂŞme en cas de difficultĂ©s financières de l’emprunteur liĂ©es Ă sa santĂ©. C’est pourquoi la plupart des Ă©tablissements bancaires exigent une assurance emprunteur comme condition d’octroi du prĂŞt.
En France, bien que l’assurance prĂŞt immobilier ne soit pas lĂ©galement obligatoire, les banques la demandent systĂ©matiquement. Le refus d’assurance peut donc constituer un motif de refus de prĂŞt.
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Souscrire une assurance de prĂŞt en arrĂŞt maladie : est-ce possible ?
Conditions de souscription pendant un arrĂŞt maladie
La souscription d’une assurance de prĂŞt immobilier pendant un arrĂŞt maladie est effectivement possible, mais elle est soumise Ă certaines conditions particulières. Tout d’abord, l’assureur Ă©valuera la nature de votre arrĂŞt maladie, sa durĂ©e et son Ă©volution prĂ©visible.
Pour un arrĂŞt maladie de courte durĂ©e liĂ© Ă une pathologie bĂ©nigne et sans sĂ©quelles (comme une grippe ou une fracture simple), les chances d’obtenir une assurance sans majoration sont plus Ă©levĂ©es.
En revanche, pour un arrĂŞt maladie prolongĂ© ou liĂ© Ă une pathologie chronique ou grave, l’obtention d’une assurance sans surprime ou exclusions sera plus difficile.
Dans certains cas, l’assureur peut demander la fin de l’arrĂŞt maladie et la reprise d’une activitĂ© professionnelle avant d’accorder certaines garanties, notamment l’ITT.
Impact de l’arrĂŞt maladie sur l’Ă©valuation du risque par l’assureur
L’arrĂŞt maladie est un Ă©lĂ©ment important dans l’Ă©valuation du risque effectuĂ©e par l’assureur. Cette Ă©valuation repose sur plusieurs facteurs :
- La nature de la pathologie Ă l’origine de l’arrĂŞt maladie
- La durĂ©e de l’arrĂŞt maladie (en cours et prĂ©visionnelle)
- Les antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux de l’emprunteur
- L’âge et la profession de l’emprunteur
- Les traitements suivis et leur efficacité
Par exemple, un arrĂŞt maladie pour dĂ©pression sera Ă©valuĂ© diffĂ©remment d’un arrĂŞt pour une intervention chirurgicale ponctuelle. De mĂŞme, un arrĂŞt maladie de plusieurs mois sera considĂ©rĂ© comme plus risquĂ© qu’un arrĂŞt de quelques semaines.
PossibilitĂ© de surprimes ou d’exclusions de garanties
Face Ă un risque accru liĂ© Ă un arrĂŞt maladie, l’assureur dispose de plusieurs options :
- La surprime : l’assureur accepte de vous couvrir mais applique une majoration de tarif proportionnelle au risque estimĂ©. Cette surprime peut varier de quelques pourcentages Ă plusieurs centaines de pourcentages du tarif standard.
- L’exclusion de garantie : l’assureur accepte de vous assurer mais exclut de la couverture certaines pathologies, notamment celle liĂ©e Ă votre arrĂŞt maladie actuel.
Par exemple, si vous ĂŞtes en arrĂŞt pour une lombalgie, l’assureur pourrait exclure les affections du dos de votre contrat.
- L’ajournement : l’assureur reporte sa dĂ©cision et vous demande de reprĂ©senter votre dossier après un dĂ©lai dĂ©terminĂ©, gĂ©nĂ©ralement après la fin de votre arrĂŞt maladie.
- Le refus d’assurance : dans les cas les plus sĂ©vères, l’assureur peut refuser totalement de vous assurer.
Il est important de noter que mĂŞme en cas de refus initial, des solutions alternatives existent, comme le recours Ă d’autres assureurs ou l’utilisation de dispositifs spĂ©cifiques que nous aborderons plus loin.
Les garanties concernĂ©es par l’arrĂŞt maladie
IncapacitĂ© Temporaire Totale (ITT) : dĂ©finition et conditions d’activation
L’IncapacitĂ© Temporaire Totale (ITT) est particulièrement importante pour les personnes ayant connu un arrĂŞt maladie. Cette garantie intervient lorsque l’assurĂ© se trouve temporairement dans l’impossibilitĂ© complète d’exercer son activitĂ© professionnelle suite Ă une maladie ou un accident.
Pour qu’elle soit activĂ©e, plusieurs conditions doivent ĂŞtre remplies :
- L’incapacitĂ© doit ĂŞtre totale (impossibilitĂ© d’exercer son activitĂ© professionnelle)
- Elle doit être temporaire (avec une perspective de rétablissement)
- Elle doit être médicalement constatée
L’activation de cette garantie permet la prise en charge partielle ou totale des mensualitĂ©s du prĂŞt pendant la durĂ©e de l’incapacitĂ©, après un dĂ©lai de franchise gĂ©nĂ©ralement compris entre 30 et 180 jours selon les contrats.
Pour les personnes en arrĂŞt maladie au moment de la souscription, cette garantie est souvent la plus difficile Ă obtenir sans restriction, car elle est directement liĂ©e Ă l’Ă©tat de santĂ© actuel de l’emprunteur.
InvaliditĂ© Permanente Partielle (IPP) et InvaliditĂ© Permanente Totale (IPT) : seuils d’invaliditĂ© et modalitĂ©s de prise en charge
L’InvaliditĂ© Permanente Partielle (IPP) et l’InvaliditĂ© Permanente Totale (IPT) sont des garanties qui s’appliquent lorsque l’Ă©tat de santĂ© de l’assurĂ© entraĂ®ne une invaliditĂ© durable.
L’IPP concerne gĂ©nĂ©ralement une invaliditĂ© dont le taux se situe entre 33% et 66% selon les contrats. Dans ce cas, l’assurance prend en charge une partie des mensualitĂ©s du prĂŞt, proportionnellement au taux d’invaliditĂ©.
L’IPT s’applique pour un taux d’invaliditĂ© supĂ©rieur Ă 66%. Elle entraĂ®ne gĂ©nĂ©ralement la prise en charge totale des mensualitĂ©s restantes ou le remboursement du capital restant dĂ», selon les contrats.
Pour dĂ©terminer le taux d’invaliditĂ©, les assureurs se basent soit sur le taux d’incapacitĂ© fonctionnelle (barème du « Concours mĂ©dical »), soit sur le taux d’incapacitĂ© professionnelle, soit sur une combinaison des deux.
Pour les personnes en arrĂŞt maladie, ces garanties peuvent ĂŞtre accordĂ©es avec des conditions particulières, notamment si l’arrĂŞt est susceptible d’Ă©voluer vers une invaliditĂ©.
Perte Totale et IrrĂ©versible d’Autonomie (PTIA) : critères d’Ă©ligibilitĂ©
La Perte Totale et IrrĂ©versible d’Autonomie (PTIA) correspond Ă un Ă©tat particulièrement grave oĂą l’assurĂ© se trouve dans l’impossibilitĂ© dĂ©finitive de se livrer Ă une activitĂ© professionnelle quelconque pouvant lui procurer gain ou profit, et nĂ©cessite l’assistance d’une tierce personne pour effectuer les actes ordinaires de la vie courante (se laver, s’habiller, se nourrir, se dĂ©placer).
Les critères d’Ă©ligibilitĂ© Ă cette garantie sont stricts :
- L’Ă©tat doit ĂŞtre dĂ©finitif et irrĂ©versible
- L’assurĂ© doit ĂŞtre dans l’impossibilitĂ© totale d’exercer une activitĂ© professionnelle
- L’assurĂ© doit nĂ©cessiter l’assistance d’une tierce personne pour les actes essentiels de la vie quotidienne
En cas de PTIA, l’assurance prend gĂ©nĂ©ralement en charge la totalitĂ© du capital restant dĂ».
Pour les personnes en arrĂŞt maladie, cette garantie est gĂ©nĂ©ralement plus facile Ă obtenir que l’ITT car elle correspond Ă un niveau d’incapacitĂ© beaucoup plus Ă©levĂ© et moins susceptible de survenir.
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Les modalitĂ©s de prise en charge en cas d’arrĂŞt maladie
DĂ©lai de franchise : durĂ©e avant le dĂ©but de l’indemnisation
Le dĂ©lai de franchise est la pĂ©riode qui s’Ă©coule entre la survenance du sinistre (dĂ©but de l’arrĂŞt maladie) et le dĂ©but de l’indemnisation par l’assureur. Ce dĂ©lai varie gĂ©nĂ©ralement entre 30 et 180 jours selon les contrats.
Pour les personnes ayant des antĂ©cĂ©dents d’arrĂŞt maladie, l’assureur peut proposer un dĂ©lai de franchise plus long pour rĂ©duire son risque. Ă€ l’inverse, il est parfois possible de nĂ©gocier un dĂ©lai plus court moyennant une surprime.
Par exemple, si votre contrat prĂ©voit un dĂ©lai de franchise de 90 jours et que vous ĂŞtes en arrĂŞt maladie pendant 120 jours, l’assureur ne prendra en charge que les 30 derniers jours de votre arrĂŞt.
Types d’indemnisation : forfaitaire vs indemnitaire
Il existe deux principaux types d’indemnisation en cas d’arrĂŞt maladie :
- L’indemnisation forfaitaire : l’assureur verse la totalitĂ© des mensualitĂ©s prĂ©vues au contrat, indĂ©pendamment des autres revenus de l’assurĂ© (indemnitĂ©s journalières de la SĂ©curitĂ© sociale, par exemple). C’est le mode d’indemnisation le plus avantageux pour l’assurĂ©.
- L’indemnisation indemnitaire : l’assureur complète les revenus de l’assurĂ© (indemnitĂ©s journalières, autres assurances) jusqu’Ă atteindre un certain pourcentage de son revenu habituel, gĂ©nĂ©ralement plafonnĂ© Ă 100% de ce revenu. Ce mode d’indemnisation est moins favorable car il prend en compte les autres sources de revenus.
Pour les personnes en arrĂŞt maladie ou ayant des antĂ©cĂ©dents d’arrĂŞt, il est important de vĂ©rifier le mode d’indemnisation proposĂ©, car il peut avoir un impact significatif sur la protection effective en cas de nouvel arrĂŞt.
Durée maximale de prise en charge
La durĂ©e maximale de prise en charge varie selon les contrats, mais elle est gĂ©nĂ©ralement comprise entre 1 et 3 ans pour l’ITT. Certains contrats haut de gamme peuvent proposer une prise en charge jusqu’Ă la fin du prĂŞt.
Pour les personnes ayant des antĂ©cĂ©dents d’arrĂŞts maladie longs ou rĂ©currents, l’assureur peut proposer une durĂ©e de prise en charge rĂ©duite pour limiter son exposition au risque.
Par exemple, si vous avez connu plusieurs arrĂŞts maladie pour des lombalgies, l’assureur pourrait limiter la prise en charge des arrĂŞts liĂ©s Ă des problèmes de dos Ă 6 mois maximum, mĂŞme si la durĂ©e standard de couverture est de 3 ans pour les autres pathologies.
Cas particuliers : mi-temps thérapeutique, rechute
Certaines situations particulières méritent une attention spéciale :
Le mi-temps thĂ©rapeutique : cette situation, qui correspond Ă une reprise progressive du travail Ă temps partiel pour raisons mĂ©dicales, est traitĂ©e diffĂ©remment selon les contrats. Certains assureurs continuent Ă prendre en charge partiellement les mensualitĂ©s (souvent 50%), tandis que d’autres considèrent que la garantie ITT cesse dès la reprise d’une activitĂ©, mĂŞme partielle.
La rechute : en cas de nouvel arrĂŞt de travail pour la mĂŞme pathologie peu après une reprise, les assureurs appliquent gĂ©nĂ©ralement une clause de rechute. Si la rechute survient dans un dĂ©lai court (souvent 60 Ă 90 jours après la reprise), le dĂ©lai de franchise ne s’applique pas Ă nouveau et l’indemnisation reprend immĂ©diatement.
Pour les personnes ayant déjà connu des arrêts maladie, il est crucial de vérifier comment ces situations sont traitées dans le contrat proposé, car elles peuvent avoir un impact important sur la protection effective.
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Les exclusions de garantie et les options de rachat
Pathologies fréquemment exclues : affections dorsales, troubles psychiques
Certaines pathologies sont frĂ©quemment exclues des contrats d’assurance emprunteur, particulièrement pour les personnes ayant des antĂ©cĂ©dents d’arrĂŞt maladie liĂ©s Ă ces pathologies :
- Les affections dorsales : lombalgies, cervicalgies, hernies discales, sciatiques… Ces affections sont souvent exclues car elles sont frĂ©quentes, rĂ©cidivantes et difficiles Ă objectiver mĂ©dicalement.
- Les troubles psychiques : dĂ©pression, anxiĂ©tĂ©, burn-out, troubles bipolaires… Ces pathologies sont souvent exclues en raison de leur prĂ©valence croissante et de leur impact potentiellement long sur la capacitĂ© de travail.
- Les pathologies prĂ©existantes : toute maladie ou affection dĂ©jĂ prĂ©sente au moment de la souscription, notamment celle ayant motivĂ© l’arrĂŞt maladie en cours.
Par exemple, si vous ĂŞtes en arrĂŞt maladie pour une dĂ©pression, l’assureur pourrait accepter de vous couvrir mais en excluant tous les troubles psychiques de votre contrat.
Possibilité de racheter certaines exclusions moyennant une surprime
Face à ces exclusions, il existe souvent des possibilités de « rachat » permettant de réintégrer certaines pathologies dans la couverture moyennant une surprime. Ces options de rachat concernent principalement :
- Le rachat des affections dorsales
- Le rachat des troubles psychiques
- Le rachat de certaines pathologies spécifiques
Le coĂ»t de ces rachats varie considĂ©rablement selon le profil de l’assurĂ©, la pathologie concernĂ©e et l’assureur. Pour une personne en arrĂŞt maladie ou ayant des antĂ©cĂ©dents d’arrĂŞts, ce coĂ»t peut ĂŞtre significativement plus Ă©levĂ©.
Par exemple, le rachat de l’exclusion des affections dorsales peut reprĂ©senter une surprime de 20% Ă 100% selon les cas. Il est donc important d’Ă©valuer le rapport coĂ»t/bĂ©nĂ©fice de ces options en fonction de votre situation personnelle et mĂ©dicale.
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Les démarches pour souscrire une assurance en arrêt maladie
Nécessité de remplir un questionnaire de santé
Pour souscrire une assurance de prĂŞt immobilier, l’Ă©tape incontournable est le remplissage du questionnaire de santĂ©. Ce document permet Ă l’assureur d’Ă©valuer votre profil de risque mĂ©dical.
Pour une personne en arrêt maladie, ce questionnaire revêt une importance particulière. Il comporte généralement des questions spécifiques sur :
- La nature et la durĂ©e de l’arrĂŞt maladie en cours
- Les traitements suivis
- Les antécédents médicaux
- L’Ă©volution prĂ©vue de la pathologie
Il est essentiel de remplir ce questionnaire avec une grande prĂ©cision et honnĂŞtetĂ©, car toute fausse dĂ©claration peut entraĂ®ner la nullitĂ© du contrat et donc l’absence de couverture en cas de sinistre.
Documents médicaux à fournir
En complĂ©ment du questionnaire de santĂ©, l’assureur peut demander des documents mĂ©dicaux spĂ©cifiques, particulièrement pour les personnes en arrĂŞt maladie :
- Un certificat médical détaillant la pathologie et le pronostic
- Les rĂ©sultats d’examens mĂ©dicaux rĂ©cents
- Un historique des arrêts maladie des dernières années
- Un avis du médecin traitant sur la capacité à reprendre une activité professionnelle
Dans certains cas, l’assureur peut Ă©galement demander une visite mĂ©dicale auprès d’un mĂ©decin qu’il aura dĂ©signĂ©.
Importance de la transparence pour éviter la nullité du contrat
La transparence est cruciale lors de la souscription d’une assurance de prĂŞt immobilier, et ce d’autant plus lorsque l’on est en arrĂŞt maladie. En effet, l’article L.113-8 du Code des assurances prĂ©voit que toute rĂ©ticence ou fausse dĂ©claration intentionnelle de l’assurĂ© peut entraĂ®ner la nullitĂ© du contrat.
Concrètement, si vous omettez de dĂ©clarer votre arrĂŞt maladie ou si vous minimisez sa gravitĂ©, et qu’un sinistre survient ultĂ©rieurement en lien avec cette pathologie non dĂ©clarĂ©e, l’assureur pourrait refuser toute indemnisation et annuler rĂ©troactivement votre contrat.
Pour éviter ce risque, il convient de :
- Déclarer exhaustivement votre situation médicale
- Conserver une copie de toutes vos déclarations
- Fournir tous les documents médicaux demandés
Informer votre assureur de toute Ă©volution significative de votre Ă©tat de santĂ© entre la signature du contrat et sa prise d’effet.
Cas particulier des arrêts maladie pour les personnes atteintes d’un risque aggravé de santé
Convention AERAS : conditions d’Ă©ligibilitĂ© et fonctionnement
La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque AggravĂ© de SantĂ©) est un dispositif qui facilite l’accès Ă l’assurance emprunteur pour les personnes prĂ©sentant un risque de santĂ© aggravĂ©, comme celles en arrĂŞt maladie.
Cette convention prĂ©voit un examen Ă trois niveaux des demandes d’assurance :
- Niveau 1 : étudié par le service médicale de la compagnie
- Niveau 2 : étudié par les assureurs examen par un service médical spécialisé
- Niveau 3 : examen par le pool BCAC (Bureau Commun des Assurances Collectives)
Pour être éligible à la convention AERAS, votre prêt immobilier doit répondre à certaines conditions :
- Ne pas dépasser 420 000 euros
- Se terminer avant votre 71ème anniversaire
- ĂŠtre destinĂ© Ă l’acquisition d’une rĂ©sidence principale ou Ă un usage professionnel
La convention AERAS prĂ©voit Ă©galement un mĂ©canisme d’Ă©crĂŞtement des surprimes pour les personnes aux revenus modestes, limitant le surcoĂ»t liĂ© Ă l’Ă©tat de santĂ©.
Droit Ă l’oubli : dĂ©lais applicables et pathologies concernĂ©es
Le droit Ă l’oubli est un dispositif complĂ©mentaire Ă la convention AERAS qui permet aux personnes ayant souffert de certaines pathologies graves de ne plus avoir Ă les dĂ©clarer après un certain dĂ©lai.
Concrètement, ce dispositif s’applique :
- Aux cancers, 5 ans après la fin du protocole thérapeutique
- Ă€ l’hĂ©patite C guĂ©rie depuis 5 ans
Pour les personnes en arrĂŞt maladie pour d’autres pathologies, le droit Ă l’oubli ne s’applique pas directement, mais la grille de rĂ©fĂ©rence AERAS peut prĂ©voir des conditions d’assurance sans surprime ou avec surprime plafonnĂ©e pour certaines pathologies après un dĂ©lai dĂ©terminĂ©.
Cette grille est rĂ©gulièrement mise Ă jour et concerne actuellement une vingtaine de pathologies, incluant certains cancers, l’hĂ©patite C, le VIH, mais aussi des maladies chroniques comme le diabète de type 1, l’asthme ou certaines maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
Les solutions alternatives pour obtenir une couverture adaptée
Comparaison des offres d’assurance emprunteur
Face aux difficultés potentielles pour obtenir une assurance de prêt immobilier en étant en arrêt maladie, la comparaison des offres devient essentielle. En effet, les pratiques des assureurs peuvent varier considérablement :
- Certains assureurs ou courtiers sont plus spécialisés dans les risques aggravés et proposent des conditions plus favorables
- Les critères d’Ă©valuation mĂ©dicale diffèrent d’un assureur Ă l’autre
- Les exclusions et surprimes varient fortement selon les compagnies
Il est donc recommandĂ© de solliciter plusieurs devis auprès de diffĂ©rents assureurs ou de passer par un comparateur spĂ©cialisĂ©. N’hĂ©sitez pas Ă explicitement mentionner votre situation d’arrĂŞt maladie pour obtenir des propositions adaptĂ©es.
Par exemple, pour un mĂŞme profil (arrĂŞt maladie pour lombalgie), l’assureur A pourrait proposer une exclusion totale des affections dorsales, tandis que l’assureur B pourrait accepter de les couvrir moyennant une surprime de 50%.
Recours Ă un courtier spĂ©cialisĂ© comme UTWIN pour bĂ©nĂ©ficier d’une expertise et d’un accompagnement personnalisĂ©
Le recours Ă un courtier spĂ©cialisĂ© dans l’assurance emprunteur pour risques aggravĂ©s peut constituer une solution efficace pour les personnes en arrĂŞt maladie. Ces professionnels offrent plusieurs avantages :
- Une connaissance approfondie du marché et des critères des différents assureurs
- Une capacité à négocier des conditions adaptées à votre situation spécifique
- Un accompagnement dans la constitution du dossier médical
- Une expertise sur les dispositifs comme la convention AERAS ou le droit Ă l’oubli.
Des courtiers spĂ©cialisĂ©s comme UTWIN disposent souvent d’accords prĂ©fĂ©rentiels avec certains assureurs pour les profils mĂ©dicaux particuliers, ce qui peut vous permettre d’obtenir des conditions plus favorables.
L’intervention d’un courtier peut ĂŞtre particulièrement pertinente si votre arrĂŞt maladie est liĂ© Ă une pathologie complexe ou si vous avez dĂ©jĂ essuyĂ© plusieurs refus d’assurance.
En résumé :
Être en arrêt maladie ne vous empêche pas systématiquement de souscrire une assurance de prêt immobilier, mais cette situation nécessite une approche adaptée :
- Votre Ă©tat de santĂ© actuel aura un impact sur les conditions d’assurance proposĂ©es (surprimes, exclusions)
- La transparence est essentielle lors de la déclaration de votre situation médicale
- Certaines garanties comme l’ITT peuvent ĂŞtre plus difficiles Ă obtenir sans restriction
- Des dispositifs comme la convention AERAS peuvent faciliter votre accès Ă l’assurance
- La comparaison des offres et le recours à un courtier spécialisé peuvent vous aider à trouver une solution adaptée
Il est important de ne pas vous dĂ©courager face Ă un premier refus, car les pratiques varient considĂ©rablement d’un assureur Ă l’autre. Avec une bonne prĂ©paration et un accompagnement adaptĂ©, il est gĂ©nĂ©ralement possible de trouver une solution d’assurance, mĂŞme en Ă©tant en arrĂŞt maladie.