Quels facteurs entraînent une surprime de l’assurance prêt immobilier ?

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Vous avez reçu une proposition d’assurance emprunteur avec une surprime et vous vous demandez pourquoi ? C’est une situation fréquente qui touche de nombreux emprunteurs. Une surprime est appliquée lorsque l’assureur estime que votre profil présente un risque plus élevé que la moyenne. Cela peut être lié à votre état de santé, votre mode de vie ou votre profession . Bien que cette majoration puisse être décourageante, elle ne signifie pas nécessairement la fin de votre projet immobilier.

Dans cet article, nous allons explorer en détail les raisons qui peuvent conduire à une surprime, comment fonctionne le processus d’évaluation du risque par les assureurs, et surtout, quelles solutions existent pour réduire son impact ou éventuellement l’éviter. Vous trouverez ici toutes les informations essentielles pour mieux appréhender votre assurance emprunteur.

Qu’est-ce qu’une surprime en assurance emprunteur ?

Pour bien comprendre pourquoi vous avez reçu une surprime, il est essentiel de saisir d’abord ce que ce terme signifie exactement et comment ce mécanisme fonctionne dans le contexte de l’assurance emprunteur.

Définition et mécanisme de la surprime

Une surprime est un supplément de cotisation qui s’ajoute au tarif standard d’une assurance emprunteur. En termes simples, c’est un surcoût appliqué lorsque l’assureur considère que le risque de devoir verser des prestations est plus élevé pour votre profil que pour un emprunteur « standard ».

Sur votre contrat d’assurance emprunteur, la surprime se manifeste généralement sous la forme d’un pourcentage supplémentaire appliqué à votre cotisation de base. Par exemple, si l’assureur estime que votre profil présente un risque deux fois plus élevé que la normale, vous pourriez avoir une surprime de 100% (ce qui double votre prime d’assurance).

Différence entre tarification standard et majorée

Pour bien comprendre, comparons ces deux types de tarification :

Tarification standard

Tarification majorée (avec surprime)

Appliquée aux profils ne présentant pas de risques particuliers

Appliquée aux profils présentant des risques spécifiques

Basée sur des critères généraux (âge, montant du prêt, durée)

Intègre des facteurs de risque individuels supplémentaires

Taux de base de l’assureur

Taux de base + pourcentage supplémentaire

Impact financier sur le coût total d’un prêt

L’impact d’une surprime peut être significatif sur le coût total de votre crédit. Prenons un exemple concret :

Pour un prêt immobilier de 200 000 € sur 20 ans, avec un taux d’intérêt de 2% :

  • Assurance standard : taux de 0,34% (soit environ 56,67 € par mois ou 13 600 € sur la durée totale du prêt)
  • Avec une surprime de 50% : taux effectif de 0,51% (soit environ 85 € par mois ou 20 400 € sur la durée totale du prêt)

Dans cet exemple, la surprime entraîne un surcoût total de 6 800 € sur la durée du prêt. Ce montant peut varier considérablement selon le niveau de surprime appliqué et les caractéristiques de votre prêt.

Selon France Assureurs, environ 12% des emprunteurs se voient appliquer une surprime pour leur assurance de prêt immobilier, ce qui montre que cette situation n’est pas rare (Source : Rapport annuel 2023 de France Assureurs).

Les principales raisons d’une surprime

Maintenant que vous comprenez ce qu’est une surprime, examinons les différents facteurs qui peuvent conduire un assureur à en appliquer une. Ces raisons sont multiples et variées, mais elles commencent généralement par l’évaluation de votre état de santé.

Facteurs de risque liés à la santé

La santé représente le premier critère examiné par les assureurs lors de l’évaluation d’un dossier d’assurance emprunteur. Les antécédents médicaux, les maladies chroniques et les traitements en cours sont analysés avec attention car ils permettent d’estimer la probabilité de sinistres futurs. Un état de santé fragilisé, même temporairement, peut ainsi conduire à l’application d’une surprime.

Les problèmes de santé constituent la cause la plus fréquente des surprimes.

Les maladies chroniques : un impact direct sur le risque assurantiel

Le diabète, l’hypertension artérielle ou les maladies cardiovasculaires sont particulièrement surveillés par les assureurs. Par exemple, selon l’Association Française des Diabétiques, environ 75% des diabétiques de type 1 se voient appliquer une surprime pour leur assurance emprunteur [Source : Observatoire de l’accès au crédit des personnes diabétiques, 2022].

Antécédents médicaux graves

Si vous avez des antécédents de cancer, d’AVC ou d’infarctus, même si vous êtes aujourd’hui en rémission ou guéri, l’assureur peut considérer qu’il existe un risque de récidive. Toutefois, le « droit à l’oubli » permet désormais, sous certaines conditions, de ne pas déclarer certaines pathologies après un certain délai.

Traitements médicaux en cours

Les traitements lourds ou au long cours peuvent également justifier une surprime, car ils indiquent généralement une pathologie sous-jacente nécessitant un suivi.

Facteurs liés au mode de vie

L’état de santé n’est pas le seul élément pris en compte par les assureurs. Les habitudes quotidiennes et le style de vie peuvent également justifier l’application d’une surprime. Certains comportements sont considérés comme des facteurs aggravants car ils augmentent statistiquement les risques de problèmes de santé futurs.

Tabagisme

Les fumeurs paient en moyenne 50% à 100% plus cher leur assurance emprunteur que les non-fumeurs. Ce surcoût s’explique par les nombreux risques de santé associés au tabac.

IMC élevé

Un indice de masse corporelle supérieur à 30 (considéré comme obésité) peut entraîner des surprimes de 25% à 100% selon le degré d’obésité et l’existence d’autres facteurs de risque associés.

Consommation d’alcool

Une consommation régulière et importante d’alcool peut mener à des surprimes significatives, car elle est associée à de nombreux problèmes de santé et augmente statistiquement le risque de décès prématuré.

Facteurs liés à la profession

Après l’état de santé et le mode de vie, un troisième élément entre en jeu dans l’évaluation du risque : l’activité professionnelle. Le métier exercé peut représenter un facteur de risque significatif aux yeux des assureurs, notamment lorsqu’il expose à des dangers physiques particuliers ou à des conditions de travail spécifiques.

Métiers à risque

Les professions exposant à des dangers physiques comme celles du BTP (couvreurs, échafaudeurs), les pompiers, les militaires ou les forces de l’ordre peuvent justifier des surprimes. Selon le Bureau international du Travail, certains de ces métiers présentent un taux d’accidents graves jusqu’à 5 fois supérieur à la moyenne (Source : Rapport mondial sur la sécurité au travail, OIT, 2023).

Sports ou loisirs dangereux

La pratique régulière de sports extrêmes (alpinisme, plongée sous-marine, parachutisme, sports mécaniques) est également un facteur de risque pour les assureurs. Ces activités peuvent entraîner des surprimes selon leur dangerosité et leur fréquence de pratique.

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Les principales raisons d’une surprime

Après avoir identifié les facteurs qui peuvent entraîner une surprime, il est important de comprendre comment les assureurs évaluent concrètement ces risques. Ce processus d’analyse suit une méthodologie précise et s’appuie sur plusieurs outils d’évaluation permettant à l’assureur de déterminer si une surprime doit être appliquée et à quel niveau.

Étapes du questionnaire de santé

Le processus d’évaluation commence généralement par un questionnaire de santé que vous devez remplir lors de votre demande d’assurance emprunteur.

  • Questionnaire de santé simplifié : Pour les prêts de faible montant et les emprunteurs jeunes (moins de 45-50 ans), un questionnaire simplifié est souvent la seule formalité demandée lorsque le client n’entre pas dans le cadre de la Loi Lemoine et de l’absence de sélection médicale .
  • Questionnaire de santé détaillé : Pour des montants plus importants ou des profils plus âgés, le questionnaire devient plus exhaustif, avec des questions précises sur vos antécédents médicaux, traitements en cours, habitudes de vie, etc.
  • Examens médicaux complémentaires : Au-delà de certains seuils d’âge ou de capital assuré, des examens médicaux peuvent être demandés : analyse de sang, électrocardiogramme ou une échocardiographie.  Ces examens sont à réalisés chez son médecin ou dans des centres de bilan santé partenaires.

Il est crucial de répondre avec honnêteté à ces questions. Selon l’article L113-8 du Code des assurances, une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat et le refus de prise en charge en cas de sinistre.

Rôle des médecins-conseils des assureurs 

Une fois votre questionnaire complété, il est analysé par le médecin-conseil de l’assureur. Son rôle est de :

  • Évaluer votre état de santé global et les risques associés
  • Demander des informations médicales complémentaires si nécessaire
  • Déterminer si votre profil nécessite une surprime, une exclusion de garantie, ou si l’assurance peut être accordée aux conditions standard
  • Proposer un taux de surprime adapté à votre situation

Le médecin-conseil est tenu au secret médical et ne communique pas les détails de votre dossier médical à l’assureur. Il transmet uniquement son avis sur l’acceptation de votre dossier et les éventuelles conditions particulières à appliquer.

Calcul des surprimes 

Le calcul des surprimes repose sur des tables statistiques et actuarielles qui évaluent la probabilité de survenance d’un risque (décès, invalidité, incapacité) en fonction de différents paramètres :

  • Nature de la pathologie ou du facteur de risque
  • Gravité et stade d’évolution (pour les maladies)
  • Ancienneté du diagnostic
  • Efficacité du traitement suivi
  • Présence de complications ou de facteurs aggravants

Les assureurs utilisent généralement un système de coefficients multiplicateurs. Par exemple :

  • Risque légèrement accru : surprime de 25% à 50%
  • Risque modérément accru : surprime de 50% à 100%
  • Risque fortement accru : surprime de 100% à 300%
  • Risque très élevé : surprime supérieure à 300% ou refus d’assurance

La surprime peut s’appliquer sur toutes les garanties ou juste sur la garantie décès, la garantie incapacité ou la garantie invalidité.

Comment éviter ou réduire une surprime ?

Face à une proposition d’assurance majorée, il existe plusieurs stratégies et dispositifs pour atténuer l’impact financier d’une surprime, voire l’éviter complètement. Les législations récentes ont considérablement renforcé les droits des emprunteurs, notamment ceux présentant un risque aggravé de santé. Voici les principales solutions à explorer pour optimiser la situation et réduire le coût de l’assurance emprunteur.

La convention AERAS 

La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est un dispositif qui facilite l’accès à l’assurance pour les personnes présentant un risque de santé aggravé. Elle prévoit un examen approfondi des demandes d’assurance à trois niveaux :

  • Premier niveau : Examen par l’assureur aux conditions standard
  • Deuxième niveau : Si refus au premier niveau, examen par un service spécialisé
  • Troisième niveau : Pour les cas les plus difficiles, étude par un pool d’assureurs spécialisés

Selon la Commission de suivi AERAS, ce dispositif permet chaque année à environ 93% des demandeurs présentant un risque aggravé d’obtenir une proposition d’assurance, même si c’est parfois avec une surprime (Source : Rapport d’activité 2023 de la Commission de suivi AERAS).

Le droit à l’oubli pour certaines pathologies 

Le « droit à l’oubli » permet aux personnes ayant souffert de certaines maladies graves de ne plus les déclarer après un certain délai dans leurs questionnaires de santé. Depuis la loi Lemoine de 2022, ce dispositif a été renforcé :

  • Pour les cancers diagnostiqués avant l’âge de 21 ans : droit à l’oubli au bout de 5 ans (au lieu de 10 ans auparavant ) après la fin du protocole thérapeutique
  • Pour les autres cancers : droit à l’oubli 10 ans après la fin du protocole thérapeutique (contre 15 ans auparavant)
  • Pour certaines pathologies chroniques comme l’hépatite C guérie, le délai peut être plus court

Une grille de référence AERAS, régulièrement mise à jour, liste les pathologies entrant dans la réglementation du droit à l’oubli et bénéficiant de conditions d’assurance sans surprime ou avec une surprime plafonnée.

Conclusion

Une surprime sur votre assurance emprunteur peut sembler être un obstacle majeur, mais comme nous l’avons vu, elle n’est pas une fatalité. Elle reflète simplement l’évaluation d’un risque accru par l’assureur, basée sur différents facteurs personnels comme votre santé, votre mode de vie, votre profession ou votre âge.

Grâce aux dispositifs comme la convention AERAS, le droit à l’oubli, et la possibilité de changer d’assurance à tout moment, vous disposez aujourd’hui de nombreux outils pour optimiser votre situation. La clé réside souvent dans la comparaison des offres du marché et dans une bonne connaissance de vos droits.

Votre projet immobilier reste réalisable, même avec une santé fragile ou un profil considéré « à risque ». L’important est de ne pas vous décourager et d’explorer toutes les solutions à votre disposition pour obtenir les meilleures conditions possibles.

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